Artisanat de la Cappadoce...
     Histoire et fabrication des tapis
     Jadis, les tapis étaient confectionnés par des nomades, car c'était un précieux objet permettant de lutter contre le froid et l'humidité du sol, au gré des campements. Ils remplaçaient les peaux de bêtes qui s'usaient et se déchiraient rapidement. De plus, ils pouvaient servir de couverture ou de matelas.
   D'autres ouvrages, les kilims, étaient fabriqués pour servir de rideau pour séparer deux endroits d'une tente, ou pour couvrir les berceaux.
   Conservant ces fonctions au fil des siècles, ils ont séduit les peuples sédentaires. La taille des tapis s'est plus ou moins standardisée et la qualité de robustesse a cédé peu à peu la place à des qualités d'esthétique ou de confort.
   Au Moyen-Age, on fabrique des tapis de haute qualité pour orner les palais situés non seulement en Asie, mais aussi en Europe. On voit par exemple des reproductions de tapis dans des tableaux de l'époque de la Renaissance peints par Gentile, Giovanni, Bellini, Capaccio…

     Coloration et matériaux
     Si de nos jours les colorants synthétiques ont pris une place prépondérante dans la fabrication des tapis, qu'elle soit industrielle ou non, les plus beaux tapis restent ceux qui sont fabriqués avec des colorants naturels.
Une multitude de plantes ainsi que quelques sortes de terre fournissent à l'artisan une palette de couleurs très variée.
     La technique de coloration naturelle reste cependant difficile à maîtriser car de nombreux paramètres sont en jeu : maturation de la plante, degré d'ébullition, dosage du matériel colorant, nature de l'eau utilisée, durée de coloration.
     Les principales fibres utilisées sont la laine, le coton et la soie.
     Un tapis est dit « laine sur coton » si la trame est réalisée en fil de coton, et la chaîne en laine.
     Les tapis en trame coton sont généralement moins chers, à qualité esthétique égale, car le matériau est meilleur marché et les propriétés mécaniques sont moins intéressantes.
     La principale valeur d'un tapis, outre les matériaux utilisés reste cependant la richesse et la beauté des motifs réalisés pendant les nombreuses heures de travail.
     On trouve principalement des tapis en laine sur coton, en laine sur laine, en soie sur coton, et en soie sur soie.
     Le fil de soie étant plus fin que les autres, la finesse des motifs est plus grande, ce qui, bien entendu, augmente d'autant plus le prix.
     Le coton, quand il est mercerisé a le même aspect et la même brillance que la soie, mais un moyen facile de les différencier est de prélever quelques fibres et de les brûler. Si la fumée ne dégage pas d'odeur ressemblant à celle d'un poil brûlé, c'est du coton.
     La matière la plus utilisée dans les tapis est incontestablement la laine. Sa qualité dépend de la technique de filage, mais aussi de l'alimentation du mouton et de son âge. Les moutons d'âge adulte fournissent en effet une laine de meilleure qualité.
     Les dimensions des tapis ou kilims sont à peu près standardisées et l'on aura affaire à des ouvrages en 60*100, 90*135, 130*200, 150*220, 200*300 cm.

     Variété et qualité
     Il existe plusieurs sortes de tapis : les tapis, les kilim, les cicim, les sumak.
     Tapis : c'est une pièce rectangulaire composée d'une trame et dont les fils de chaîne sont noués et forment un velours plus ou moins épais à la surface. Ils sont généralement faits en laine sur coton, laine sur laine, soie sur coton, ou soie sur soie.
     Kilim : c'est une pièce composée d'une trame, et dont les fils de chaîne sont tissés. Ils sont donc moins épais que les tapis et n'ont pas de velours. La variété des motifs et des couleurs est cependant tout aussi grande. Ce sont plutôt des ouvrages fait en laine ou en coton, avec parfois des fils de soie pour obtenir des espaces blancs.
     Cicim : ce sont des ouvrages du type kilim (trame tissée sur chaîne) puis rebrodés. Certains motifs créent donc une sorte de relief à la surface. La plupart des cicim sont faits en laine.
La qualité d'un tapis et donc son prix dépend de plusieurs facteurs :
     La qualité du matériau : comme nous l'avons évoqué auparavant, la laine, si elle est produite par un mouton sain et adulte est de meilleure qualité et aura un meilleur rendu.
     La couleur : un tapis a un aspect plus authentique avec des couleurs naturelles. Si l'on est conscient de cette notion, on doit se méfier des couleurs trop « tape à l'œil », et les couleurs « fluo » sont à proscrire. Pour des tapis de médiocre qualité, on peut remarquer un certain lavis sur les couleurs, ou une diffusion d'une couleur sur une autre. Soit le tapis a été mal lavé (détergeant trop puissant) ou la teinture a été mal faite.
     La densité des nœuds : plus un tapis est dense, meilleure est la qualité et donc plus élevé est le prix puisqu'il a été travaillé plus longtemps et il y a plus de matière. Les paramètres de souplesse et de « tombant » sont directement liés à la densité des nœuds. Plus un tapis sera dense, mieux les coins se remettront à plat lorsqu'on les laisse tomber.

     Les motifs
     Figuratifs ou non, stylisés ou réalistes, ils sont d'une variété presque infinie et pourtant très codifiée.
Beaucoup d'entre eux sont le reflet d'une région bien délimitée, ou d'un groupe de population et les connaisseurs sont capables de déterminer la provenance en fonction de la présence de certains motifs sur le tapis et de la manière dont ils ont été reproduits.
     Les « Boukhara » (Asie centrale) par exemple sont uniquement composés dans leur partie centrale de motifs stylisés en forme d'ellipse disposées orthogonalement sur des axes verticaux et horizontaux.
     Les motifs de montagne, de serpent et de cyprès sont caractéristiques d'un tapis « Taþpýnar ».
     Ajoutons aussi que les motifs ont tous leur signification et la femme qui les a composés délivre en quelque sorte grâce à son savoir-faire une sorte de message ou des intentions.
     Le cyprès symbolise par exemple la beauté et l'éternité, mais aussi, par sa longévité, la généalogie.
     Le serpent est le symbole de la réincarnation à cause de sa mue annuelle.
     Enfin, la qualité et donc la valeur d'un tapis est celle que vous lui attribuerez en fonction de l'émotion que vous ressentez en le regardant. L'achat d'un tapis se fait lentement, après en avoir observé plusieurs, en écartant ceux qui ne nous séduisent pas du premier coup d'œil et en conservant un certain nombre de pièces susceptibles de nous intéresser. Puis, après un thé offert par le vendeur, on expose ceux que l'on a retenus, en écartant au fur et à mesure ceux que l'on n'achètera pas.

     La poterie: fabrication
     Les principaux gisements d'argile sont situés dans la vallée du Kýzýlýrmak, plus long fleuve de Turquie, traversant Avanos.
     Une fois extraite puis épurée après un processus long et minutieux, la motte est placée sur un tour, puis façonnée par l'artisan.
     Une fois l'objet travaillé, la poterie est conservée dans un endroit frais à l'abri du soleil.
     En effet, plus la poterie sèche lentement, moins il y aura de craquelures ou de fissures.
Puis on cuit la poterie dans un four à 850 degrés pendant 10 heures.
     Ensuite, les motifs sont peints avec différents sels métalliques, puis recouverts d'engobe pour leur donner un aspect brillant.
     Enfin, elles sont recuites dans un four à 1200 degrés environ pour fixer la couleur et l'engobe.

     L'onyx
     L'onyx est une pierre semi précieuse de couleur variée : blanche, verte, rouge, grise. On en trouve dans le sous sol turc dans différentes régions, d'où leur couleur. Après avoir extrait du sol les blocs bruts, ils sont tranchés selon la dimension voulue par des disqueuses en carbure de tungstène.
     Puis les morceaux sont façonnés sur un tour afin de leur donner l'aspect voulu. Enfin, ils sont polis avec des ponceuses ou du papier de verre pour leur donner un aspect brillant. Les meilleures pièces sont celles qui sont polies très finement et ont un aspect brillant naturellement.
     D'autres objets sont moins bien finis et on les vernit pour leur donner cet aspect brillant. Il va de soi que le prix doit être moins élevé, à qualité de matériau égale.
 
 
Météo en Cappadoce
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